La perception humaine est l'activitรฉ par laquelle un sujet fait l'expรฉrience d'objets ou de propriรฉtรฉs prรฉsents dans son environnement. Cette activitรฉ regroupe l'ensemble des mรฉcanismes de dรฉtection, d'intรฉgrationย (en) et de reconnaissance d'une stimulation sensorielle. Elle repose habituellement sur des informations fournies par ses sens et est aussi liรฉe aux mรฉcanismes de cognition. Le mot ยซย perceptionย ยป dรฉsigneย :
- soit le processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle ou sensible (en psychologie cognitive par exemple)ย ;
- soit la prise de conscience qui en rรฉsulte[1] (en philosophie de la perception notamment).
En psychologie expรฉrimentale, chez l'รชtre humain en particulier, on distingue des รฉchelles de perception consciente d'une part, et la perception inconsciente, d'autre part. Celle-ci est qualifiรฉe parfois d'ยซย impliciteย ยป ou ยซย subliminaleย ยป. Cette distinction a รฉtรฉ รฉtendue aux autres animaux dans la mesure oรน ils peuvent รชtre entraรฎnรฉs et conditionnรฉs ร indiquer s'ils ont perรงu ou non un stimulus.
La perception d'une situation fait appel tout ร la fois aux sens physiologiques d'un organisme et ร ses capacitรฉs cognitives, ร un niveau รฉlรฉmentaire ou conscient.
Perception sensorielle
modifierLa perception sensorielle est la perception ยซย immรฉdiateย ยป que nos sens nous livrent, comme des informations directes. Le terme de ยซย sensationย ยป est parfois utilisรฉ dans un sens plus large (recouvrant aussi les รฉmotions)ย ; on ne peut donc le retenir pour dรฉnommer cette forme de perception.
En psychologie cognitive, la perception est dรฉfinie comme la rรฉaction du sujet ร une stimulation extรฉrieure qui se manifeste par des phรฉnomรจnes chimiques, neurologiques au niveau des organes des sens physiologiques et au niveau du systรจme nerveux central, ainsi que par divers mรฉcanismes qui tendent ร confondre cette rรฉaction ร son objet par des processus tels que la reprรฉsentation de l'objet, la diffรฉrenciation de cet objet par rapport ร d'autres objets.
Mesure
modifierLes phรฉnomรจnes perceptifs ne possรจdent pas d'รฉchelle de mesure continue. Ce sont avant tout des phรฉnomรจnes temporels, c'est-ร -dire que leur mesure n'est pas constante pour tous les instants (t). Chez l'humain, l'ouรฏe et la vue sont les deux sens qui nous transmettent des informations les plus importantes sur le temps et sur l'espaceย ; mais l'inรฉgalitรฉ entre les rayonnements sonores et les rayonnements lumineux est pour beaucoup ร l'origine d'une flagrante inรฉgalitรฉ entre ces sens. Le seuil de perception d'un son par l'oreille est situรฉ ร 10โ16 W, quand le seuil de perception d'une source lumineuse ponctuelle (ร l'ลil nu) est situรฉ ร 10โ18 W. La vue est donc un sens rรฉservรฉ ร l'immรฉdiat. L'ouรฏe, en vรฉhiculant des indications d'un autre ordre, nous renseigne beaucoup plus sur ce qui est du domaine de l'รฉmotion, des sentimentsย : par exemple, outre qu'elle peut porter plus d'informations, la voix au tรฉlรฉphone nous en dit plus sur l'รฉtat ยซpsychologiqueยป de l'interlocuteur qu'une photo.
Mesure de la sensation
modifierLes quantitรฉs mesurables nous apprennent peu de choses sur les phรฉnomรจnes perรงus, comme l'attestent les illusions d'optique oรน, par exemple, un mรชme objet peut nous apparaรฎtre plus clair ou plus foncรฉ suivant la luminance des objets qui l'entourent. La psychologie de la perception cherche donc ร รฉtablir le lien qui existe entre l'objet physique et la perception qu'on en a.
Les thรฉories physicalistes du XIXeย siรจcle ont tentรฉ de relier, de faรงon bilatรฉrale et univoque, sensations et grandeurs physiques. Le pragmatisme de ces recherches cherchait ร exprimer des grandeurs affectives en fonction de donnรฉes empiriques (degrรฉs de hiรฉrarchie des perceptions, comparaison de leur somme et de leur diffรฉrence), des attributs sensibles en fonction de mesures physiques (dรฉfinissables a priori). L'approche psychophysique a, par la suite, entrepris de mesurer prรฉcisรฉment notre sensibilitรฉ ร diffรฉrents paramรจtres physiques (comme la couleur ou l'intensitรฉ sonore) afin de dรฉterminer ce qui seraient les lois gรฉnรฉrales de la perception, comme la loi de Weber-Fechner.
Selon une autre approche, les courants inspirรฉs de la psychologie de la forme (Gestalt) ont cherchรฉ ร comprendre comment se structurait la perception autour de principes gรฉnรฉraux. Par exemple, selon le principe de clรดture, une forme sera plus facilement perรงue si elle est fermรฉe que si elle est ouverteย ; on retrouve une illustration de ce principe dans le triangle de Kanizsa oรน l'on perรงoit spontanรฉment un triangle blanc alors que seuls trois disques noirs sont dessinรฉs.
Les illusions visuelles fournissent une explication potentielle aux illusions de jugements ou illusions cognitives. ร titre d'exemples, on peut citer les dessins bien connus de W. E. Hill (ma femme et ma belle-mรจre ainsi que le dessin de l'homme barbu). Les gestaltistes ont beaucoup travaillรฉ sur ces รฉquilibres visuelsย : premier plan et arriรจre-plan, zones claires et zones sombres, contours convexes et concaves. Une fois que l'expรฉrience a permis de comprendre la dualitรฉ de l'image, les limitations dans la perception ou dans le jugement peuvent รชtre facilement vaincues. Comme l'affirmait Goethe, nous ne voyons que ce que nous savons. Et, ยซย la dรฉcouverte consiste ร voir ce que tout le monde a dรฉjร vu et ร penser ce que personne n'a encore pensรฉย ยป.
On peut aussi mentionner les approches physiologiques qui cherchent ร comprendre quels sont les mรฉcanismes qui permettent la perception aussi bien au niveau des organes des sens que des neurones du systรจme nerveux.
Perception visuelle
modifierL'ลil ne fonctionne pas comme un capteur photographique d'appareil numรฉrique.
L'ลil comprend deux systรจmes complรจtement diffรฉrentsย :
- le systรจme fovรฉal qui donne la possibilitรฉ d'examiner des points d'environ 2 degrรฉs d'angle 3ย ร 4ย fois par seconde. C'est un systรจme trรจs lent avec un excellent pouvoir de rรฉsolution et un bon rendement des couleursย ;
- le systรจme de la rรฉtine pรฉriphรฉrique qui rend jusqu'ร 90 images par seconde sur un angle d'environ 180 degrรฉs, avec une mauvaise rรฉsolution. Il sert ร donner l'impression globale de la situation.
Ces deux systรจmes relient le monde extรฉrieur avec sa reprรฉsentation intรฉrieure. La perception visuelle est donc un systรจme d'identification. Il permet d'identifier par exemple une personne par la comparaison de quelques points critiques et l'impression globale avec les images internes. Pour percevoir un objet, il faut avoir vu des objets similaires.
La perception des visages fonctionne depuis la naissance. Mais la discrimination de plusieurs visages est une capacitรฉ qui s'apprend.
Perception auditive
modifierLa branche de la psychophysique qui รฉtudie la faรงon dont nous percevons les sons est la psychoacoustique.
Mรฉcanisme de l'audition
modifierLa chaรฎne de l'audition est complexe. Ses mรฉcanismes sont dรฉveloppรฉs dans l'article Ouรฏe. Les sons transmis par l'air sont captรฉs et amplifiรฉs par le pavillon qui les focalise vers le conduit auditif jusqu'au tympan, membrane qui entre alors en vibration. La chaรฎne des osselets transmet et amplifie ces vibrations (conduction mรฉcanique) et elles sont transmises ร l'oreille interne. Elles provoquent des ondes de pression correspondant aux ondes sonores. Ces ondes de pression permettent de communiquer les vibrations ร la partie la plus dรฉlicate et la plus interne de l'oreille humaine, la cochlรฉe. Les ondes mรฉcaniques font bouger les cils de lโoreille interne, ce qui active la production d'influx nerveux chargรฉs de transmettre l'information au nerf auditif, jusqu'au cortex auditif.
Perception olfactive
modifierLa perception olfactive est relativement dรฉlaissรฉe par beaucoup d'humains, et beaucoup plus utilisรฉe par certains animaux. On l'utilise cependant souvent sans s'en rendre compte. Il participe, avec la perception gustative, ร la sensation du goรปt.
Mรฉcanisme de l'odoratย : voir le nez.
Perception tactile
modifierLa perception tactile est la perception par l'homme ou l'animal de sensations par le toucher transmise par l'intermรฉdiaire de la peau, des muqueuses (langue) ou des dents (mรฉcanorรฉcepteurs du parodonte[2],[3],[4]). Elle inclut non seulement la perception tactile au sens รฉtroit (reconnaissance de textures, d'รฉlasticitรฉ, lecture en braille, etc.) mais aussi la perception thermique (sensation de chaud ou le froid), et mรชme des perceptions รฉmotionnelles, telles la douleur ou la sensualitรฉ.
Mรฉcanisme du toucherย : voir toucher, peau et nerfs.
Perception gustative
modifierC'est la perception du goรปt.
Mรฉcanisme du goรปtย : voir aussi la langue et le palais.
Perception de l'รฉquilibre
modifierL'รฉquilibrioception, qui est le sens de l'รฉquilibre. Elle est assurรฉe par le systรจme vestibulaire de l'oreille interne. Ce systรจme assure aussi la perception du mouvement.
Perception du temps
modifierSi nous possรฉdons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un nez pour sentir, nous n'avons pas de rรฉcepteurs sensoriels spรฉcifiques dรฉdiรฉs ร la perception du temps. Or nous sommes pourtant capables de percevoir l'รฉcoulement du temps. L'รฉtude de la perception du temps se confronte donc ร un paradoxe qui renvoie ร la nature mรชme du temps oรน se rencontrent les expรฉriences psychologiques, les rรฉflexions philosophiques, notre comprรฉhension du fonctionnement du cerveau et nos connaissances des cycles circadiens.
La perception temporelle a fait l'objet de nombreux travaux depuis les premiรจres รฉtudes psychophysiques au XIXeย siรจcle jusqu'aux explorations en imagerie cรฉrรฉbrale. Les expรฉrimentateurs se sont attelรฉs ร distinguer diffรฉrents types de phรฉnomรจnes qui relรจvent tous de la perception du tempsย :
- la perception des durรฉesย ;
- la perception et la production de rythmesย ;
- la perception de l'ordre temporel et de la simultanรฉitรฉ.
La question reste posรฉe de savoir si ces diffรฉrents domaines de la perception temporelle procรจdent des mรชmes mรฉcanismes ou non, en particulier d'autres distinctions ont รฉtรฉ introduites sur la base de l'รฉchelle de temps considรฉrรฉe. Ainsi selon le psychologue franรงais Paul Fraisse, il convient de distinguer la perception (pour des durรฉes relativement brรจves jusqu'ร quelques secondes), de l'estimation temporelle, qui, elle, dรฉsigne l'apprรฉhension de durรฉes longues (supรฉrieures ร plusieurs secondes jusqu'ร des heures ou davantage).
Perception de l'espace
modifierDe mรชme que la durรฉe, les distances entre les objets peuvent faire l'objet d'une perception. Ainsi, il est possible de dire si tel objet est plus proche de nous que tel autre ou encore qu'un tel est plus grand qu'un autre. L'argument pour isoler une perception de l'espace ร cรดtรฉ des sens physiologiques (tels la vision ou l'audition) repose sur l'observation que l'information spatiale que l'on extrait de l'environnement semble รชtre supra-modale, c'est-ร -dire partagรฉe entre les diffรฉrentes modalitรฉs sensorielles de localisation. Ainsi, il est possible de dire si un son provient d'un objet visuel. Le lobe pariรฉtal du cerveau joue un rรดle important dans la perception de l'espace.
Voir aussiย : Localisation auditive
Perception et audiovisuel
modifierLa perception par l'ลil ou par l'oreille des phรฉnomรจnes qui nous entourent est limitรฉe par les rรฉcepteurs mis en jeu. L'oreille humaine ne capte les signaux sonores que dans une gamme de 20ย ร 20ย 000ย hertz en moyenne. L'ลil, pour sa part, est limitรฉ aux longueurs d'onde comprises entre 390ย nm et 780ย nmย ; c'est la lumiรจre visible.
De plus, il semblerait que l'interprรฉtation par le cerveau des images transmises par l'ลil ne puisse รชtre considรฉrรฉe comme copie conforme de la rรฉalitรฉ, mais plutรดt comme des rรฉfรฉrences ร des images (ou ร des portions d'images) dรฉjร imprรฉgnรฉes dans la mรฉmoire de l'individu. Grรขce ร cela, on reconnaรฎt un petit morceau d'assiette cassรฉe alors qu'un ordinateur, lui, en sera complรจtement incapable.
Sans parler des phรฉnomรจnes de persistances rรฉtiniennes, on utilise en audiovisuel les carences de nos perceptions pour manipuler les sons et les images pour qu'elles deviennent plus petites en termes d'espace occupรฉ sans pour autant qu'elles ne perdent leur qualitรฉ intrinsรจque de transport d'informations. On parle alors de codage, de compression du mรฉdia.
Les codec les plus รฉvoluรฉs prennent en compte de maniรจre trรจs fine les imperfections de nos perceptions pour atteindre des compressions inconnues avant les travaux des scientifiques sur la perception de nos cinq sens et l'interprรฉtation faite par notre cerveau des donnรฉes reรงues.
Loi de Weber-Fechner
modifierPierre Bouguer (1760), puis Ernst Weber (1831) ont cherchรฉ ร dรฉterminer la plus petite variation physique perceptible d'un stimulus. La loi de Weber-Fechner stipulait que le seuil diffรฉrentiel (plus petite diffรฉrence perceptible entre deux valeurs de stimuli) augmentait linรฉairement avec la valeur du stimulus รฉtalon. Le mรฉdecin Gustav Fechner (inventeur du terme psychophysique) a modifiรฉ cette loi, pour la rendre valide aux valeurs extrรชmes de stimuliย : ยซย la sensation varie comme le logarithme de l'excitationย ยป. Cette distanciation de la somme des causes et des transformations linรฉaires et affines procurant le rรฉsultat, l'effet, n'a รฉtรฉ rendue possible que lorsque Fechner eut introduit vers 1860 la notion de seuil de perception et prรฉcisรฉ certaines mรฉthodes d'investigation et d'observation qui permettaient de les repรฉrer.
Intensif/extensif
modifierBergson a dรฉnoncรฉ dans son ยซย Essai sur les donnรฉes immรฉdiates de la conscienceย ยป ce qu'il appelle l'ยซย illusionย ยป consistant ร confondre ยซย l'intensif et l'extensifย ยป. Des valeurs intensives, terme un peu dรฉsuet aujourd'hui, sont des valeurs qui augmentent par degrรฉs, mais que l'on ne peut ni rattacher ร un nombre, ni rattacher ร une รฉtendueย ; par opposition, l'extensif se rapporte, lui, ร une รฉtendue. Pour Bergson, nous associons inconsciemment ce que nous ressentons ร la cause de notre impressionย ; nous ressentons une certaine quantitรฉ, dรฉfinie par le contraste, la nuance, et nous cherchons un peu abusivement ร la dรฉfinir par une grandeur en objectivant une donnรฉe qui appartient en propre ร la conscience subjective. Or, ยซย la sensation est un fait psychologique qui รฉchappe ร toute mesureย ยป. Bergson ne nie pas la mesure des seuils diffรฉrentiels de Weber qui juge de l'excitation, donc de la cause. Mais il critique l'amalgame de Fechner qui met la cause dans l'effet. Il prรดne donc une radicalisation de la pensรฉe qui mette plus en valeur les รฉtats subjectifs. Il faut, nous apprend-il, rรฉtablir la vรฉritรฉ des ยซย donnรฉes immรฉdiates de la conscienceย ยป. On le sait aujourd'hui, la pseudo-loi de Weber-Fechner reste trรจs approximativeย : elle n'est ร peu prรจs exacte que dans la zone des valeurs moyennes. Ces thรฉories physicalistes opรฉraient en fait une apprรฉciation psychophysique trop radicale du lien qui unit le monde subjectif du perรงu et une ou plusieurs grandeurs mesurables[pasย clair].
Perception de la rรฉalitรฉ
modifierLa perception d'une situation simple ou complexe fait appel ร des processus d'analyse inconscients. La rรฉalitรฉ concrรจte et immuable est extrรชmement difficile ร cerner car chaque personne a sa propre perception de la rรฉalitรฉ. Les filtres de la perception รฉtant omniprรฉsents dans la vie de chaque individu, cela rend impossible la dรฉfinition prรฉcise de ce qui est rรฉel. Ces filtres agissent sur la perception en dรฉformant un peu plus les informations provenant du monde rรฉel. Par exemple, l'รฉtat psychologique d'une personne (elle est de bonne ou de mauvaise humeur), son รฉtat de fatigue, la luminositรฉ, les bruits environnant, son niveau de stress, un taux รฉlevรฉ d'hormones comme l'Ocytocine, le Cortisol, la Testostรฉrone, la sรฉrotonine, etc. En plus d'รชtre personnelle ร chacun, la perception du rรฉel se modifie ร chaque instant[5].
La perception d'une situation complexe peut รชtre entravรฉe par des biais cognitifs comme la pensรฉe, l'ignorance et les croyances. Le phรฉnomรจne qui peut entraver la perception juste d'une situation est particulier ร la mรฉmoire et ร l'illusion. Ce peut รชtre aussi d'autres formes de biais cognitifs (dissonances cognitives) ou des sophismes, de la part des personnes qui รฉchangent leur point de vue sur une situation (ce qui correspond plus ร des opinions qu'ร une perception). Les schรฉmas cognitifs sont des automatismes permettant ร chacun de traiter au mieux des situations complexes. En cas de dysfonctionnements, ils seraient ร l'origine de psychopathologies (comme la dรฉpression), ainsi que les travaux de Beck l'ont montrรฉ. La perception joue donc un rรดle considรฉrable dans la faรงon d'apprรฉhender la rรฉalitรฉ et les relations aux autres.
Afin d'amรฉliorer sa perception de la rรฉalitรฉ, et de limiter les risques d'erreur, il est important de croiser les sources d'information, et de croiser les interprรฉtations de ces sources. Ainsi, les situations du monde rรฉel qui apparaissent complexes demandent un niveau d'attention รฉlevรฉ. Mais les biais cognitifs (tels que par exemple la cรฉcitรฉ d'inattention et la Cรฉcitรฉ au changement) peuvent occulter de nombreux รฉlรฉments, ou dรฉformer le niveau de comprรฉhension et ainsi agir sur les actions suivantes.
Chez les humains de diverses cultures, le partage des informations et leur qualification, dans une collectivitรฉ ou une entreprise, font appel ร des mรฉthodes et ร des sciences cognitives.
Plusieurs philosophes se sont penchรฉs sur le phรฉnomรจne de la perception.
Dans l'Antiquitรฉ, Aristote a dรฉveloppรฉ dans le traitรฉ de sensu et sensibilibus une rรฉflexion sur les sensibilitรฉs communes (koine aisthesis).
Au Moyen รge, avec saint Thomas d'Aquin, la philosophie scolastique a repris les notions d'Aristote pour bรขtir une thรฉorie des facultรฉs, aboutissant ร la notion de sens commun (en latin sensus communis)), qui est l'une des quatre facultรฉs avec l'imagination, l'estimative, et la mรฉmoire[6].
Au XVIIeย siรจcle, Baruch Spinoza, dans le traitรฉ de la rรฉforme de l'entendement (1661-1677), distingue quatre modes de perceptionย :
- la perception par les sens (cf ci-dessus)ย ;
- la perception par l'expรฉrienceย ;
- la perception par le raisonnement dรฉductifย ;
- la perception par l'intuition.
La perception par l'expรฉrience est un processus empirique, qui fait aujourd'hui appel ร des mรฉthodes expรฉrimentales sophistiquรฉes.
Autant les deux premiers types de perception (perception par les sens et par l'expรฉrience) sont individuels, autant le raisonnement, et aussi l'intuition ont des implications collectivesย : c'est ร ce stade que l'intelligence (inter-ligere, en latin, signifie lier entre) de l'individu, face ร une situation, nรฉcessite des communautรฉs que les perceptions des uns et des autres interagissent pour aboutir ร une vision structurรฉe d'un ensemble ร un moment particulier. En gestion des connaissances, on parle de communautรฉs de pratique.
Pour donner un point de vue sur une situation globale, l'intuition peut nous amener ร faire des gรฉnรฉralisations de cas singuliers, c'est-ร -dire procรฉder par induction. La gรฉnรฉralisation peut รชtre inappropriรฉe, car les cas singuliers choisis ne sont pas nรฉcessairement reprรฉsentatifs, et mรชme ils peuvent รชtre choisis intentionnellement pour arriver ร une conclusion prรฉdรฉterminรฉe, ce qui est une logique fallacieuse. ร cette rรฉserve prรจs, l'induction est parfois un complรฉment indispensable du raisonnement dรฉductif pour percevoir une situation complexe.
Henri Bergson (Essai sur les donnรฉes immรฉdiates de la conscience) s'est inspirรฉ de Spinoza sur la question de l'intuition.
Maurice Merleau-Ponty a รฉgalement รฉtudiรฉ le phรฉnomรจne de la perception. La perception a, selon lui, une dimension active en tant quโouverture primordiale au monde vรฉcu (au Lebenswelt)[7]. Contrairement ร la conception cartรฉsienne de la pensรฉe, Merleau-Ponty estime que le corps n'est pas qu'un objet potentiel d'รฉtude pour la science. Il souligne quโil y a une inhรฉrence de la conscience et du corps dont lโanalyse de la perception doit tenir compte. Le primat de la perception signifie un primat de lโexpรฉrience, dans la mesure oรน la perception revรชt une dimension active et constitutive[8].
Avec Paul Watzlawick, la rรฉalitรฉ est devenu le rรฉsultat d'une construction mentale. ยซย De toutes les illusions, la plus pรฉrilleuse consiste ร penser qu'il n'existe qu'une seule rรฉalitรฉย ยป[9].
Les รฉtudes rรฉalisรฉes ces derniรจres annรฉes par des neuroscientifiques tels que David Eaglemanย (en) ou Dan Ariely mettent en รฉvidence l'influence de la perception sur la comprรฉhension de la rรฉalitรฉ, ainsi que la tendance ร l'irrationalitรฉ.
Avec The Witness et notamment sa seconde fin[10], Jonathan Blow dรฉmontre comment le travail de plusieurs annรฉes, mais aussi l'expรฉrience utilisateur de plusieurs dizaines d'heures, peuvent influer sur notre perception inconsciente et consciente de la rรฉalitรฉ. De par la rรฉpรฉtition d'une tรขche et de stimuli visuels propres ร la conception de ses puzzles, l'auteur et le joueur finissent par voir apparaรฎtre ces puzzles partout dans la rรฉalitรฉ, comme s'ils รฉtaient alors jusqu'ici voilรฉs ร leurs yeux.
Perception faciale
modifierDepuis longtemps les scientifiques se questionnent sur plusieurs aspects de la perception humaine. Un domaine de la perception qui a รฉtรฉ รฉtudiรฉ profondรฉment cโest la perception des visages. Il est particuliรจrement intรฉressant, car il est liรฉ ร l'identification des visages et la comprรฉhension des expressions faciales en lien avec la communication verbale et non-verbale (Goldstein & Cacciamani, 2022) [11]. Comprendre la perception des visages pourrait aussi nous aider ร comprendre les causes de la prosopagnosie; une maladie qui rend incapable de percevoir les visages (Sergent et al., 1992)[12].
- Particularitรฉ de la perception des visages
Plusieurs choses rendent la perception des visages particuliรจrement intรฉressante et unique. Notamment, ce phรฉnomรจne est surtout captivant quand on prend en compte la haute vitesse que nos systรจmes perceptifs peuvent identifier des visages et des รฉmotions. En effet, une รฉtude a dรฉmontrรฉ que cela peut se faire dans seulement 100-110 ms, mais la moyenne est 140 ms (Crouzet et al., 2010)[13]. Mais, si les faces sont inversรฉes, la perception devient trรจs difficile (Busigny & Rossion, 2009)[14]. Cet effet dโinversion de face fait croire plusieurs scientifiques que la perception des visages se fait dโune faรงon holistique. Pour expliquer, si lโanalyse des faces se faisait en identifiant les parties individuellement et non dโune faรงon holistique, lโinversion n'aurait pas un aussi grand effet (Goldstein & Cacciamani, 2022)[11]. Ces particularitรฉs de la perception faciale ont forcรฉ une des plus grandes questions de la perception faciale. Est-ce que les รชtres humains ont un systรจme intrinsรจque spรฉcialisรฉ uniquement dans ce genre de perceptionย ? Ou, inversement, est-ce que la perception des visages est due ร la plasticitรฉ du cerveau dรฉpendant de lโexpรฉrience (Goldstein & Cacciamani, 2022[11]). Cette question sera explorรฉe un peu plus tard.
- Codage par spรฉcificitรฉย ?
Un autre dรฉbat qui a รฉtรฉ populaire dans ce domaine est: est-ce que la perception des visages se fait par codage de spรฉcificitรฉ ou par codage de population? En d'autres mots, si cโest un neurone spรฉcifique qui code pour les visages dans nos cerveaux, ou plusieurs neurones/groupes de neurones (Goldstein & Cacciamani, 2022)[11].
La thรฉorie qui stipule quโun seul neurone est responsable sโappelle aussi lโhypothรจse de la grand-mรจre, parce que thรฉoriquement, il y a une cellule qui rรฉpondrait ร uniquement ta grand-mรจre. (Goldstein & Cacciamani, 2022)[11]. Cette thรฉorie est appuyรฉe par une expรฉrience faite par Quiroga et ses collรจgues en 2005[15]. Ils ont prรฉsentรฉ une sรฉrie de photos des personnes et ont trouvรฉ quโun neurone spรฉcifique est activรฉ seul lors des prรฉsentations des photos de Jennifer Anniston, il lโa donc appelรฉ la ยซย Jennifer Anniston neuroneย ยป. Cependant, cette thรฉorie a beaucoup de critiques, principalement parce quโil est impossible de dรฉterminer si la ยซย Jennifer Anniston neuroneย ยป est uniquement activรฉe lors des prรฉsentations de Jennifer Anniston. Par ailleurs, parce que la thรฉorie stipule que si le neurone de ta grand-mรจre meurt, tu oublies ta grand-mรจre (Quiroga et al., 2008)[16]. De plus, la plupart des expรฉriences (comme plusieurs mentionnรฉes plus tard), dรฉmontrent une activation dans plusieurs endroits du cerveau lors des prรฉsentations des divers stimuli, et non un seul neurone. Les critiques de cette thรฉorie optent donc pour une explication plutรดt holistique (Goldstein & Cacciamani, 2022)[11].
Malgrรฉ tout cela, plusieurs scientifiques ne sont pas convaincus. Tel que mentionnรฉ prรฉcรฉdemment, certains pensent que la perception des visages se fait dโune faรงon plutรดt holistique. Cโest-ร -dire, ils rรฉfutent lโidรฉe quโil existe une partie du cerveau qui gรจre la perception des visages (Goldstein & Cacciamani, 2022)[11]. Le raisonnement est que la perception dโune face est complexe et implique plusieurs aspects. Pour รฉlaborer, quand on regarde une face nous sommes en train dโanalyser les รฉmotions de la personne, la direction dans laquelle la personne regarde, comment leurs yeux et leur face bougent, si on les trouve beaux, et sโils nous sont familiers. Donc, les รฉmotions, le mouvement, la mรฉmoire et le jugement sont tout impliquรฉs, nous laissant croire quโil sera quasiment impossible que seule une partie du cerveau y est responsable (FFA) (Goldstein & Cacciamani, 2022)[11].
- Ou dans le cerveauย ?
La localisation du processus est un autre aspect de la perception faciale qui est trรจs รฉtudiรฉ et porte diffรฉrentes opinions. La premiรจre expรฉrience qui a beaucoup avancรฉ lโidentification de lโendroit associรฉ aux perceptions faciales a รฉtรฉ centrรฉe sur la prosopagnosie. Sergent et al. (1992)[12], ont utilisรฉ une machine ร Tomographie par รฉmission de positons (TEP)sur six sujets avec la prosopagnosie causรฉe par lรฉsion cรฉrรฉbrale. Les rรฉsultats ont contribuรฉ ร lโassociation du cortex prรฉfrontal ventromรฉdian avec la perception des visages. Lโexpรฉrience a aussi rรฉvรฉlรฉ que la perception des visages et des objets est faite par deux processus distincts. Ce qui a servi comme fondation pour lโexpรฉrience suivante de Kanwisher et al. (1997)[17]. Ils ont ajoutรฉ un niveau de complexitรฉ, dans le but dโรฉviter les variables confondantes. Cela a dรฉmontrรฉ les mรชmes rรฉsultats que la derniรจre; leur permettant de conclure que lโaire fusiforme du cerveau (FFA) est rรฉellement liรฉe aux perceptions des visages. Ils ont donc nommรฉ cette partie du cerveau, situรฉe dans le gyrus fusiforme, sur la face infรฉrieure du cerveau directement sous le cortex infรฉro-temporal, la face fusiforme du cortex visuel. Ces รฉtudes expรฉrimentales de Kanwisher et les รฉtudes de cas de Sergent et al. (1992)[12], sont en appuie de la thรฉorie que lโaire fusiforme des faces est intrinsรจquement liรฉes aux perceptions faciales.
- Doutes face ร lโaire fusiforme de face
Lโexpรฉrience de Gauthier et al. (1999)[18], a tentรฉ de prouver que la FFA nโest pas impliquรฉe uniquement dans la perception des visages. Ils ont crรฉรฉ une nouvelle espรจce appelรฉe ยซย Greeblesย ยป pour les sujets identifiรฉs. Au dรฉbut de lโexpรฉrience les participants รฉtaient incapables de diffรฉrencier les Greebles, mais avec de l'entraรฎnement, ils ont รฉtรฉ capables et les activations FFA ont encore รฉtรฉ vues (Gauthier et al., 1999). Ils ont ensuite fait une รฉtude similaire, oรน ils ont prรฉsentรฉ des oiseaux et des voitures aux experts dans ces sujets. Ils ont encore vu des activations cรฉrรฉbrales dans lโaire de face fusiforme, suggรฉrant plutรดt que cโest une aire pour des sujets spรฉcialisรฉs, dรฉpendant de lโexpรฉrience, et non seule pour les faces (Gauthier et al., 2000)[19]. Ces expรฉriences qui dรฉmontrent la plasticitรฉ du cerveau dรฉpendant de lโexpรฉrience sont aussi pertinentes concernant la premiรจre question de lโarticle. Est-ce que la perception est intrinsรจqueย ? Dโaprรจs ces expรฉriences, elle ne nous nโest pas intrinsรจque, mais plutรดt un rรฉsultat de nos expรฉriences et notre plasticitรฉ cรฉrรฉbrale(Gauthier et al., 2000)[19].
Haxby et al., (2001)[20] suggรจre que la FFA nโest pas spรฉcifiquement pour les faces, mais plutรดt font partie dโune reprรฉsentation plus grande pour tous les objets et les faces. Ils ont observรฉ lors de leur expรฉrience, une activation distincte pour les faces et pour cinq diffรฉrentes catรฉgories dโobjets. Ils ont mรชme pu dรฉdier ce que le participant regardait ร l'aide des activations cรฉrรฉbrales. Ces activations distribuรฉes et superposรฉes suggรจrent que la perception faciale se fait dโune faรงon similaire que la perception des objets. Cette รฉtude propose donc une organisation topographique de la reprรฉsentation distribuรฉe des faces et des objets dans le cortex temporal ventral. De plus, elle est en dรฉsaccord avec la thรฉorie qui stipule que les รชtres humains ont un endroit du cerveau intrinsรจquement responsable des perceptions faciales.
Notes et rรฉfรฉrences
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Voir aussi
modifierBibliographie
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Articles connexes
modifier- Philosophie de la perception
- Sens commun
- Gestion de la perceptionย : concept dans la guerre de l'information
- Psychologie sociale, Psychologie du raisonnement
- Attention
- Vision dรฉsidรฉrative
- Biais cognitif
- Intuition
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- Pour une รฉtude de la perception dans le bouddhisme, voir samjรฑฤ
- Communication
- Synesthรฉsie
- Qualia
- Perception par les plantes
Liens externes
modifier- Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action du Collรจge de France (travaille sur les bases neurales de la perception, de l'action, mais aussi d'autres fonctions cognitives comme l'attention et la mรฉmoire)








