John Feeney[a],[2], dit John Ford [หˆdอกส’ษ‘n fษ”ษนd][b], est un rรฉalisateur amรฉricain, รฉgalement producteur, nรฉ le 1er fรฉvrier 1894 ร  Cape Elizabeth prรจs de Portland (Maine) et mort le 31 aoรปt 1973 ร  Palm Desert (Californie).

John Ford
Description de cette image, รฉgalement commentรฉe ci-aprรจs
John Ford sous son portrait et aux cรดtรฉs de l'un de ses Oscars en 1946.
Nom de naissance John Martin Feeney
Naissance 1er fรฉvrier 1894
Cape Elizabeth (Maine, ร‰tats-Unis)
Nationalitรฉ Amรฉricaine
Dรฉcรจs 31 aoรปt 1973 (ร  79ย ans)
Palm Desert (Californie, ร‰tats-Unis)
Profession Rรฉalisateur
Films notables Filmographie de John Ford

John Ford est l'un des rรฉalisateurs amรฉricains les plus importants de la pรฉriode classique de Hollywood (de la fin des annรฉes 1920 ร  la fin des annรฉes 1960). De tous les grands cinรฉastes amรฉricains, il est celui dont l'influence est la plus considรฉrable. Sa carriรจre embrasse celle des studios puisqu'il arrive ร  Hollywood au moment oรน les grandes majors se mettent en place et il rรฉalise son dernier film alors que ces majors commencent ร  รชtre dirigรฉes par des financiers. Ford est admirรฉ et respectรฉ par les grands patrons de Hollywood dont il est souvent l'amiย : il tourne vite et respecte les budgets. Malgrรฉ cela, il se considรจre comme un salariรฉ surpayรฉ par ces studios pour faire des films dรฉnuรฉs de son style afin de ne pas perturber les affaires de ses employeurs[3].

Reconnue par ses pairs, son ล“uvre demeure connue du grand public pour ses westerns, genre qui ne reprรฉsente pourtant qu'une partie de sa filmographie. Quatre fois laurรฉat de l'Oscar du meilleur rรฉalisateur (un record toujours d'actualitรฉ), pour Le Mouchard (1935), Les Raisins de la colรจre (1940), Qu'elle รฉtait verte ma vallรฉe (1941) et L'Homme tranquille (1952)[4], Ford est avant tout le cinรฉaste de l'Amรฉrique des simples gens, des pionniers, des fermiers, des รฉmigrants, des ouvriers, des militaires obscurs, des natifs, des personnages tendres, dignes et gรฉnรฉreux animรฉs d'un sens aigu de la justice. Par ailleurs, Ford est considรฉrรฉ comme le cinรฉaste des grands espaces amรฉricains aux paysages grandioses et sauvages. Les films de Ford sont รฉgalement fortement imprรฉgnรฉs de sa foi catholique.

Patriote, au poste d'officier de rรฉserve de l'US Navy lors de la Seconde Guerre mondiale, il finit amiral ร  titre honorifique. John Ford arbore un grand respect ร  l'Amรฉrique qui a accueilli ses ancรชtres, en premier lieu son pรจre, un catholique irlandais. Ford a par ailleurs parfois รฉtรฉ considรฉrรฉ par certains comme un cinรฉaste rรฉactionnaire et raciste bien que son ล“uvre et ses positions politiques montrent un cinรฉaste dรฉmocrate et รฉpris de libertรฉ[c].

John Ford est l'un des rรฉalisateurs effectuant le moins de prises par plan, ce qui lui permet de garder la mainmise sur le montage des films. Le rรฉalisateur Fred Zinnemann dira ainsiย : ยซย Nous devons ร  John Ford le droit accordรฉ au metteur en scรจne de superviser le montage.ย ยป Ford a mis sa notoriรฉtรฉ au service du syndicat des metteurs en scรจne amรฉricains, dont il est l'un des dirigeants les plus actifs. De plus, il fait preuve d'une fidรฉlitรฉ remarquable tout au long de sa carriรจre envers sa ยซย familleย ยป d'acteurs (notamment John Wayne), de techniciens et de scรฉnaristes, dont beaucoup sont originaires d'Irlande.

Aujourd'hui, sa filmographie est amputรฉe par la disparition de la quasi-totalitรฉ de ses premiers films, soit environ un tiers de son ล“uvre. L'un d'entre eux, Upstream (1927), qu'on croyait disparu, a nรฉanmoins รฉtรฉ retrouvรฉ en Nouvelle-Zรฉlande en juin 2010[5].

Biographie

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Entre Portland et l'Irlande

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John Martin Feeney, futur John Ford[6], est nรฉ dans une famille d'immigrants irlandais[7]. Son pรจre est originaire de An Spidรฉal dans le comtรฉ de Galway et sa mรจre, des รฎles d'Aran. John est le dernier d'une famille de 11 enfants โ€” dont trois sont morts ร  la naissance, et deux en bas รขge, de maladies. Aprรจs avoir รฉtรฉ pรชcheur et fermier, son pรจre รฉmigre aux ร‰tats-Unis en 1872 et, naturalisรฉ amรฉricain en 1878 ou 1880, il ouvre ร  Portland en 1897 un speakeasy oรน se rassemble la communautรฉ irlandaise de la ville.

En 1909, son frรจre Frank T. Feeney part pour la Californie avec Gaston Mรฉliรจs (le frรจre de Georges Mรฉliรจs). Il y deviendra Francis Ford, acteur et rรฉalisateur de serials pour les studios Universal.

John, durant sa scolaritรฉ ร  l'รฉcole Emerson ร  Portland avant d'รฉchouer au concours d'entrรฉe de l'Acadรฉmie Navale, se passionne pour l'histoire. Il s'avรจre aussi excellent joueur de basket-ball et de football. Il gagne un peu d'argent de poche comme ouvreur au Jefferson Theatre de Portland et peut ainsi voir les grands acteurs du moment, commeย : Ethel Barrymore ou les Wild West Shows.

Dรฉbuts ร  Universal

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Naissance d'une nation, classique amรฉricain de la pรฉriode du cinรฉma muet

En 1914, John Martin s'inscrit ร  l'universitรฉ du Maine mais il n'y entrera jamais. Car cet รฉtรฉ-lร , son frรจre Francis revient ร  la maison et parle de Hollywood. John Martin dรฉcide alors de lui emboรฎter le pas. En juillet, il dรฉbarque ร  Hollywood et devient son homme ร  tout faire. C'est l'occasion pour lui de dรฉcouvrir les mรฉtiers du cinรฉma sur les films que son frรจre interprรจte et rรฉalise pour les studios Universal. Il adopte le mรชme pseudonyme (Francis l'a choisi en hommage ร  Henry Ford, qui ร  cette รฉpoque reprรฉsente l'idรฉal amรฉricain de ยซย self-made manย ยป) et apparaรฎt aux gรฉnรฉriques sous le nom de Jack Ford. En 1915, il interprรจte รฉgalement des petits rรดles dans les films de son frรจre dont il devient l'assistant-rรฉalisateur. Il affirme avoir jouรฉ l'un des membres cagoulรฉs du Ku Klux Klan dans Naissance d'une nation de D. W. Griffithย : ยซย J'รฉtais celui qui avait des lunettes. Je tenais ma cagoule relevรฉe d'une main parce que ce putain de truc n'arrรชtait pas de glisser devant mes lunettes[8].ย ยป ร€ partir de 1916, il est engagรฉ par les studios Universal comme assistant-rรฉalisateur. Il assiste des rรฉalisateurs sous contrat dont Allan Dwan et commence ร  diriger les scรจnes de figurants tandis que son frรจre Francis, lui, quitte Universal pour fonder son propre studio. Alors qu'il n'est qu'accessoiriste et pendant une visite de Carl Laemmle dans les studios, il se voit confier par hasard sa premiรจre rรฉalisation, remplaรงant au pied levรฉ un rรฉalisateur absent. Le film s'intitule The Tornado et sort le 3 mars 1917. Il signe son premier contrat de rรฉalisateur avec Universal pour 125ย dollars par semaine et devient le rรฉalisateur attitrรฉ des westerns avec l'acteur Harry Carey. Ils tourneront ensemble 25 films dont Cheyenne Harry avant de se brouiller en 1919. ร€ cette date, il gagne 300ย dollars par semaine et acquiert la stature d'un rรฉalisateur important ร  Hollywood.

Il rencontre en 1920 Mary McBryde Smith, d'origine irlandaise et รฉcossaise, avec laquelle il se marie. Elle est issue d'une famille d'officiers, descendante de l'humaniste Thomas More. Elle est divorcรฉe et, de ce fait, le couple ne pourra se marier religieusement qu'en 1941, au dรฉcรจs du conjoint. Ils auront deux enfantsย : Patrick Michael nรฉ en 1921 et Barbara nรฉe en 1922. Patrick deviendra aprรจs plusieurs petits mรฉtiers, assistant-rรฉalisateur et producteur de films de sรฉrie Z, et Barbara monteuse[rรฉf.ย nรฉcessaire].

La plupart des films muets rรฉalisรฉs pour Universal sont aujourd'hui perdus. Il n'en reste que troisย : Le Ranch Diavolo (Straight Shooting) rรฉalisรฉ en 1917 qui est son premier long mรฉtrage, ร€ l'assaut du boulevard (Bucking Broadway) de 1917 (considรฉrรฉ longtemps comme perdu et retrouvรฉ en 2004), et Du sang dans la prairie (Hell Bent) rรฉalisรฉ en 1919. Dans ces trois films interprรฉtรฉs par Harry Carey, on retrouve dรฉjร  les caractรฉristiques de futurs grands westerns de Fordย : sa maniรจre d'intรฉgrer les personnages dans des dรฉcors naturels sublimes, des personnages fรฉminins consistants qui sont l'รฉgal des hommes[rรฉf.ย nรฉcessaire].

En dรฉcembre 1920, John Ford est dรฉbauchรฉ par la Fox de William Fox[rรฉf.ย nรฉcessaire].

Cinรฉma muet ร  la Fox

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L'Affiche du film Le Cheval de fer

Les films rรฉalisรฉs par Ford au dรฉbut des annรฉes 1920 ont aussi, pour une grande partie d'entre eux, disparu. Il ne reste que Pour la sauver (Just Pals) (1920) qui est le premier film que l'auteur rรฉalise pour le compte de la Fox et Cameo Kirby (1923) avec John Gilbert qu'il signe ยซย John Fordย ยป pour la premiรจre fois, ร  la place de ยซย Jack Fordย ยป, son prรฉcรฉdent pseudonyme.

En 1921, Ford entreprend un long voyage en Europe. Il rencontre la branche familiale restรฉe en Irlande dont un cousin membre de l'IRA. Il est prรฉsentรฉ ร  l'indรฉpendantiste irlandais Michael Collins.

Ford gagne maintenant 600ย dollars par semaine et se voit confier en 1924 la rรฉalisation du Cheval de fer, production pharaonique de la Fox. En 1926, toujours pour la Fox, il rรฉalise Trois Sublimes Canailles (Three Bad Men) avec George O'Brien, Tom Santschi, Olive Borden, J.Farell McDonald et Louis Tellegen. En 1927, il se rend en Allemagne pour le tournage des Quatre Fils (Four Sons) et dรฉcouvre ร  cette occasion le cinรฉma expressionniste. Ce film est le plus grand succรจs public de la carriรจre muette de Ford. Il rรฉutilisera une photo au style volontairement expressionniste en 1928 dans La Maison du bourreau (Hangman's House). En 1927 il est รฉlu ร  la tรชte de la Motion Pictures Directors Association.

Dรฉbut du parlant

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Le premier film entiรจrement parlant de Ford est Napoleon's Barber (aujourd'hui perdu). Fait inรฉdit ร  l'รฉpoque depuis l'apparition du parlant, et en dรฉpit de la rรฉticence des studios, les prises de son sont faites en extรฉrieur. Dans les premiers films parlants que Ford rรฉalise pour la Fox, la direction des scรจnes dialoguรฉes est confiรฉe ร  des metteurs en scรจne de thรฉรขtre et sont peu inspirรฉes. Ford laisse nรฉanmoins รฉclater son talent de metteur en scรจne dans les scรจnes d'action.

En 1928, il signe avec la Fox un contrat de deux ans trรจs rรฉmunรฉrateurย : il gagne 2ย 500ย dollars par semaine la premiรจre annรฉe et 2ย 750ย dollars la seconde. Hommes sans femmes (Men Without Women) (1930) est la premiรจre collaboration de Ford avec le scรฉnariste Dudley Nichols. Ford dira de luiย : ยซย Nous รฉtions trรจs amis. Il adorait le cinรฉma. Il n'รฉcrivait jamais de phrases ronflantes. Il รฉcrivait un langage du quotidien, et rรฉduisait les dialogues au minimum. C'รฉtait un homme merveilleux[9].ย ยป Ford a trouvรฉ un scรฉnariste en phase avec son cinรฉma. En 1931, la Fox qui a perdu William Fox met fin ร  son contrat. Son engagement est revu ร  la baisse, mais il peut dรฉsormais tourner pour d'autres compagnies. Ford entame sa premiรจre cure de dรฉsintoxication alcoolique au cours d'un voyage ร  Honolulu.

En 1931, il rรฉalise Arrowsmith pour le producteur Samuel Goldwyn, qui lui vaut sa premiรจre nomination aux Oscars. Pour ce film, Ford fait preuve d'une remarquable facultรฉ d'adaptation au style des productions de Samuel Goldwyn. Son film suivant, Tรชte brรปlรฉe (Air Mail) de 1932, est produit par Universal. Il rรฉalise ensuite son premier film pour la Metro-Goldwyn-Mayerย : le mรฉlodrame Une Femme survint (Flesh). Il retrouve Dudley Nichols pour La Patrouille perdue qu'il met en scรจne en 1934 pour la RKO avec Victor McLaglen auquel il offre un nouveau grand rรดle. Liรฉ par son contrat avec la Fox, il doit prendre en charge la rรฉalisation du Monde en marche, grande fresque familiale qui couvre la fin du XIXeย siรจcle et les premiรจres dรฉcennies du XXeย siรจcle. Bien que ce film comporte des scรจnes de guerre trรจs rรฉussies, Ford dรฉtestera ce film. Il eut plus de rรฉussite avec Judge Priest avec Dudley Nichols au scรฉnario et l'acteur Will Rogers qu'il avait dirigรฉ l'annรฉe prรฉcรฉdente dans Doctor Bull et qu'il dirigera ร  nouveau en 1935 dans Steamboat Round the Bend avant qu'il ne trouve la mort dans un accident d'avion. Ford admire le travail de Rogers et lui laisse une grande libertรฉ, d'ailleurs Judge Priest est l'un de ses films prรฉfรฉrรฉs. Il en fera un remake en 1952ย : Le soleil brille pour tout le monde.

En 1934, Ford gagne trรจs bien sa vie et est associรฉ aux recettes de ses films. Il fait l'acquisition d'un yacht qu'il baptise L'Araner en hommage ร  l'Irlande. Il le gardera jusqu'en 1970. Il y tournera deux films et s'y rendra rรฉguliรจrement pour รฉchapper ร  la pression de Hollywood ou pour travailler avec ses scรฉnaristes. Il honore son amitiรฉ avec John Wayne rencontrรฉ lors de ses dรฉbuts dans le cinรฉma muet (il fait quelques figurations dans les premiers films de Ford), et l'embarque pour fรชter Noรซl tandis qu'il travaille le scรฉnario du Mouchard avec Dudley Nichols.

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John Ford est admirateur d'Abraham Lincoln. Il lui consacra deux filmsย : Je n'ai pas tuรฉ Lincoln et Vers sa destinรฉe.

En 1935, Ford fonde aux cรดtรฉs de King Vidor, Lewis Milestone, William A. Wellman, Frank Borzage et Gregory La Cava la Screen Directors Guild pour remplacer la Motion Picture Directors Associationย (en). Le Mouchard avec Victor McLaglen, qu'il rรฉalise trรจs rapidement pour la RKO en studio et avec un petit budget, lui permet d'aborder l'Irlande qu'il prรฉsente comme une terre de souffrance et de misรจre qui combat l'envahisseur britannique. Il n'y fait pas mystรจre de ses sympathies pour l'IRA. On dรฉcouvre un Ford assez habile avec les dรฉcors de studio qu'il masque avec un รฉpais brouillard, accentuant le cรดtรฉ sombre et oppressant du film. On est loin du Ford des grands espaces et du souffle รฉpique des dรฉbuts, marquรฉs par les grands westerns de l'รจre classique. Avec ce film tรฉnรฉbreux, formellement proche du cinรฉma expressionniste et bien รฉloignรฉ de son univers habituel, le cinรฉaste remporte paradoxalement son tout premier Oscar du meilleur rรฉalisateur en 1936. Il n'ira cependant pas chercher son trophรฉe ร  la suite du boycott lancรฉ par la jeune Screen Directors Guild. Le film est un succรจs. Ford et Nichols se verront confier, deux ans plus tard, toujours pour la RKO, l'adaptation de la piรจce de Seรกn O'Casey Rรฉvolte ร  Dublin (The Plough and the Stars) qui s'avรจrera en revanche un รฉchec financier.

Twentieth Century Pictures rachรจte en 1935 la Fox qui devient 20th Century Fox et dont le patron est Darryl F. Zanuck. Ford rรฉalise en รฉtroite collaboration avec son nouveau patron, grand admirateur d'Abraham Lincoln, Je n'ai pas tuรฉ Lincoln (The Prisoner of Shark Island). L'association entre Ford et Zanuck commence par un violent affrontement au sujet de l'accent sudiste de Warner Baxter que Ford souhaite conserver. Ford est ร  deux doigts de claquer la porte de la 20th Century Fox mais accรจde finalement aux dรฉsirs de Zanuck. Par la suite une grande admiration et une estime rรฉciproque s'installeront entre les deux hommes.

Il vit une liaison avec Katharine Hepburn qu'il dirige sur Marie Stuart (Mary of Scotland) pour la RKO en 1936. Il rรฉalise pour un cachet important The Hurricane produit par Samuel Goldwyn.

En 1937, il adhรจre au Motion Picture Comittee to Aid Republican Spain qui apporte son soutien aux Rรฉpublicains espagnols. Il envoie personnellement une ambulance aux brigades internationales, en Espagne. Ford est aussi trรจs actif dans la lutte contre le nazisme. Il prend publiquement position pour rรฉclamer le boycott de l'Allemagne nazie en 1938, et est un membre actif de l'Hollywood Anti-Nazi League. La signature du pacte germano-soviรฉtique lui vaudra d'ailleurs de vives critiques de la part des communistes qui l'accuseront de ยซย propagande de guerreย ยป.

Pรฉriode classique

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De La Chevauchรฉe fantastique ร  Dieu est mort

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Avec La Chevauchรฉe fantastique, Ford renoue avec le western, genre qu'il n'avait pas abordรฉ depuis treize ans. Le western n'est alors plus en vogueย ; une centaine de westerns a bien รฉtรฉ distribuรฉe en 1938, mais ce sont principalement des films de sรฉrie B. Ford, ร  l'origine du projet, ne parvient cependant pas ร  convaincre David O. Selznick de le produireย ; celui-ci n'a aucune confiance en John Wayne qui n'a tournรฉ que dans des westerns mineurs depuis le dรฉbut des annรฉes 1930. Ford s'adresse donc ร  Walter Wanger et United Artists. Pour la premiรจre fois, il tourne en extรฉrieur, ร  Monument Valley et le justifieย : ยซย J'ai รฉtรฉ partout dans le monde mais je considรจre cet endroit comme le plus beau, le plus complet et le plus calme de la planรจte.ย ยป Pour ce film qui fait l'unanimitรฉ des critiques, ce qui รฉtait encore inรฉdit pour un western, Ford reรงoit le New York Film Critic Award mais รฉchoue aux Oscars face ร  Autant en emporte le vent.

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Fordย : le cinรฉaste des grands espaces aux paysages grandioses et sauvages. Ici, le site John Ford's point, qui a servi de dรฉcor pour La Prisonniรจre du dรฉsert, baptisรฉ du nom du rรฉalisateur depuis.

Aprรจs La Chevauchรฉe fantastique, Ford retrouve Zanuck et sa passion pour Abraham Lincoln. Il rรฉalise l'admirable Vers sa destinรฉe (Young Mr. Lincoln) avec Henry Fonda qui sera รฉgalement l'acteur principal de ses deux films suivantsย : Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk), son premier film en couleur, et Les Raisins de la colรจre (adaptรฉ de John Steinbeck), deuxiรจme collaboration avec le scรฉnariste Nunnally Johnson. Pour ce dernier film, Ford obtient en 1941, pour la seconde fois, l'Oscar du meilleur rรฉalisateur qui รฉchappe ainsi ร  Alfred Hitchcock, George Cukor, William Wyler et Sam Wood. L'auteur est alors au faรฎte de sa gloire, son talent est reconnu tant par la critique que par les professionnels du cinรฉma.

Il rempile avec John Wayne dans Les Hommes de la mer (The Long Voyage Home), dรฉsormais plus crรฉdible grรขce au succรจs de La Chevauchรฉe fantastique, tandis que Zanuck tente de surfer sur la vague du succรจs des Raisins de la colรจre avec La Route au tabac (Tobacco Road).

Dernier film de Ford avant la guerre, Qu'elle รฉtait verte ma vallรฉe est un immense succรจs public et critique. Il rafle cinq Oscars dont ceux du meilleur film et de la meilleure rรฉalisation, devant Citizen Kane d'Orson Welles, puis le New York Film Critics Award auquel Ford est dรฉsormais habituรฉ.

Seconde Guerre mondiale

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Dรจs 1939, Ford a l'intuition que l'Amรฉrique ne tardera pas ร  รชtre entraรฎnรฉe dans la Seconde Guerre mondiale. Il est ร  la tรชte d'un groupe de cinรฉastes qui demandent ร  Franklin Delano Roosevelt le boycott de l'Allemagne nazie et il fonde la Naval Field Photographic Unit dans le but de mettre les talents de Hollywood au service de l'armรฉe. En octobre 1941, celle-ci est officiellement reconnue et au moment de l'attaque de Pearl Harbor le 7 dรฉcembre 1941, l'รฉquipe est opรฉrationnelle et รฉparpillรฉe aux quatre coins du monde alors que les armรฉes de terre et de l'air organisent des รฉquipes similaires. Il travaillera รฉgalement pour l'Office of Strategic Services.

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John Ford dans son uniforme de contre-amiral (Rear Admiral) de l'US Navy Reserve.

Durant la guerre, Ford et son unitรฉ vont parcourir les thรฉรขtres d'opรฉrations militaires. Ils sont tout d'abord dans le Pacifique et en 1942, il y rรฉalise pour la marine, les documentaires December 7th sur l'attaque de Pearl Harbor, et La Bataille de Midway sur la bataille รฉponyme. Ces deux films remportent l'Oscar du meilleur film documentaire. Au cours de cette derniรจre bataille, le rรฉalisateur est blessรฉ ร  la hanche et perd l'usage de son ล“il gauche alors qu'il filme seul l'affrontement. Un petit film nommรฉ Torpedo Squadron, est รฉgalement rรฉalisรฉ lors de la bataille de Midway pour les familles des victimes d'une opรฉration qui a fait 29 morts sur 30 soldats engagรฉs. Toujours en 1942, Ford est ensuite en Afrique du Nord pour couvrir le dรฉbarquement. Durant l'annรฉe 1943, il couvre de multiples opรฉrations extรฉrieures dont la campagne de Birmanie dans Victoire en Birmanieย (en) (Burma Victory, 1946). En 1944, il filme le dรฉbarquement de Normandie, sans dรฉbarquer dans l'immรฉdiat, puisqu'il reste sur un bateau pour saisir les vagues d'attaques marines successives.

En 1945, il suit l'armรฉe de Patton en Allemagne avant de participer ร  la prรฉparation du Procรจs de Nuremberg en rassemblant des documents filmรฉs pour l'accusation. Il filmera รฉgalement le procรจs. De fรฉvrier ร  juin 1945, il tourne Les Sacrifiรฉs (They Were Expendable) pour la Metro-Goldwyn-Mayer avec John Wayne et Robert Montgomery qui termina la rรฉalisation du film, Ford s'รฉtant cassรฉ la jambe. Il retrouve le scรฉnariste dโ€™Air Mail, Frank Wead, sur lequel il fera un film en 1957, L'aigle vole au soleil. Les Sacrifiรฉs fait ainsi partie des films de John Ford (avec les comรฉdies Permission jusqu'ร  l'aube et Planquรฉ malgrรฉ lui) sur la Seconde Guerre mondiale, et sur lequel il s'est beaucoup impliquรฉ. L'argent gagnรฉ avec Les Sacrifiรฉs permet ร  Ford de financer en partie la construction prรจs d'Encino d'un รฉtablissement, la Field Photo Farm, pour recevoir gratuitement les vรฉtรฉrans de la Field Photo Unit.

Aprรจs la guerre, de retour ร  Hollywood, Ford reprend le chemin de Monument Valley pour tourner La Poursuite infernale (My Darling Clementine). Il y retrouve Henry Fonda qu'il dirige ร  nouveau dans Dieu est mort (The Fugitive) en 1947. Dieu est mort est le deuxiรจme film produit par Argosy Pictures que Ford a fondรฉe avec Merian C. Cooper en 1939. Argosy produira neuf films de Ford avant d'รชtre dissoute en janvier 1956. Argosy permet ร  Ford de travailler en toute libertรฉ, il dira ร  propos de Dieu est mortย : ยซย J'ai rรฉalisรฉ le film tel que je le voulais. Pour moi, il est parfait. La critique l'a apprรฉciรฉ, mais il n'avait รฉvidemment pas d'attrait pour le public. Moi, je suis trรจs fier de mon travail.ย ยป

L'Homme tranquille

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Cรดte irlandaise (รฎles d'Aran). John Ford, fils d'immigrรฉs irlandais, est fascinรฉ par ses origines. Il voyage pรฉriodiquement en Irlande et y tourne plusieurs films dont L'Homme tranquille.

Ford retrouve rapidement le succรจs populaire avec Le Massacre de Fort Apache qui ouvre le Cycle de la cavalerie. C'est sa premiรจre collaboration avec Frank S. Nugent qui succรจde ร  Dudley Nichols comme scรฉnariste attitrรฉ du rรฉalisateur. Alors que Dieu est mort de Dudley Nichols est une ล“uvre animรฉe d'une recherche formelle assez aride, l'adaptation qu'en fait John Ford, renouant avec le style de ses premiers films, lui apporte davantage de simplicitรฉ. Le passage de tรฉmoin entre deux acteurs aussi antinomiques que Fonda et Wayne, marque รฉgalement une rupture dans le cinรฉma de Ford. Bertrand Tavernier, qui n'apprรฉcie guรจre ยซย le Ford esthรจte et intellectuel qu'encouragea l'influence capitale et assez pernicieuse de Dudley Nicholsย ยป รฉcrit ร  ce sujetย : ยซย Les coups de thรฉรขtre y sont supplantรฉs par des coups de cล“ur. Ce cinรฉma qui prend son temps et semble s'inventer sous nos yeux abolit cette fameuse construction en actes, credo hollywoodien, au profit d'un rรฉcit large, majestueux, tourmentรฉ et paresseux comme le cours d'un fleuve[10].ย ยป Comparรฉ aux prรฉcรฉdents films sur l'Irlande, L'Homme tranquille est l'exemple parfait de cette mรฉtamorphose mรชme si le western apparaรฎt comme le genre privilรฉgiรฉ par Ford pour explorer le nouvel รฉlan pris par son cinรฉma. Il tourne successivement en deux ans, de 1948 ร  1950ย : Le Fils du dรฉsert (Three Godfathers), La Charge hรฉroรฏque (She Wore A Yellow Ribbon), Le Convoi des braves (Wagon Master), Rio Grande. Le rรฉalisateur s'offre cependant une parenthรจse avec la comรฉdie Planquรฉ malgrรฉ lui (When Willie Comes Marching Home).

Pendant la pรฉriode sombre du maccarthysme, Ford dรฉnonce des ยซย mรฉthodes dignes de la Gestapoย ยป. Il s'oppose violemment ร  Cecil B. DeMille qui souhaite que les membres de la Screen Directors Guild signent un serment de loyautรฉ envers les ร‰tats-Unis. Un temps, le FBI le soupรงonne de sympathies communistesย ; il adhรจre ร  un mouvement d'opinion trรจs ร  droite pour se protรฉger des rumeurs. En 1950, Ford part en Corรฉe et tourne pour la Navy un documentaire sur la guerre de Corรฉe, This Is Korea!. Ce film est trรจs diffรฉrent de La Bataille de Midway, Ford ne met pas en avant le patriotisme et l'hรฉroรฏsme amรฉricains, mais bien au contraire livre une ล“uvre pessimiste qui s'interroge sur le sens de cette guerre. En mars 1951, Ford qui vient d'รชtre promu contre-amiral, demande ร  รชtre mis ร  la retraite de la Navy et part pour l'Irlande tourner L'Homme tranquille (The Quiet Man), projet qui lui tient ร  cล“ur depuis les annรฉes trente. Le film est l'un des plus importants succรจs publics de la Republic Pictures et permet au rรฉalisateur de gagner un quatriรจme et dernier Oscar en 1952.

Ford porte ensuite au cinรฉma une piรจce qu'il avait montรฉe en 1949, Deux Durs ร  cuire (What Price Glory) avant de rรฉaliser Le soleil brille pour tout le monde, remake de Judge Priest. En 1952, il tourne Mogambo en Afrique avec un trio de rรชve (Ava Gardner, Clark Gable et Grace Kelly). Aprรจs avoir surmontรฉ des problรจmes de santรฉ, il revient au cinรฉma en 1955 pour filmer en CinemaScope Ce n'est qu'un au revoir (The long Gray Line). Mais son alcoolisme s'aggraveย ; il souffre bientรดt d'hรฉmorragies internes et les retrouvailles avec Henry Fonda pour Permission jusqu'ร  l'aube (Mister Roberts) sont calamiteuses. Ford se bat avec Fonda et, trop saoul, il est remplacรฉ par Mervyn LeRoy. Il retrouve nรฉanmoins tous ses moyens pour rรฉaliser le magnifique La Prisonniรจre du dรฉsert (The Searchers). Argosy est dissoute en janvier mais en aoรปt 1956, Ford fonde, avec entre autres John Wayne, John Ford Productions.

Derniรจres annรฉes

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Fatiguรฉ par l'alcool et une carriรจre sans rรฉpit, John Ford retourne en Irlande pour rรฉaliser Quand se lรจve la lune, un film ยซย pour m'amuserย ยป, sur les origines irlandaises de Tyrone Power. Il enchaรฎne avec L'aigle vole au soleil sur son ami le scรฉnariste Frank Wead, un des prรฉcurseurs de l'aรฉronavale, avant de s'รฉloigner de Hollywood pour rรฉaliser en 1957 ร  Londres un film policier, Inspecteur de service (Gideon's Day). L'annรฉe suivante, La Derniรจre Fanfare (The Last Hurrah) avec Spencer Tracy sonne comme un chant mรฉlancolique. Dans ce film qu'il produit lui-mรชme, il rรฉunit les comรฉdiens et amis qui l'ont accompagnรฉs durant sa carriรจre. Film pessimiste ร  l'image de la dรฉfaite et de la mort de Skeffington (Spencer Tracy), qui est aussi celle d'une Amรฉrique d'hommes de caractรจre, hรฉros รฉpuisรฉs face ร  une Amรฉrique de la mรฉdiocritรฉ.

En 1959, Ford rรฉalise Les Cavaliers (The Horse Soldiers) d'aprรจs un scรฉnario de John Lee Mahin qui est รฉgalement le producteur du film, puis, l'annรฉe suivante, Le Sergent noir (Sergeant Rutledge), un western avec Woody Strode dont un noir amรฉricain est le hรฉros. Il se lie d'amitiรฉ avec Strode qu'il dirigera encore ร  trois reprises dans Les Deux Cavaliers, L'Homme qui tua Liberty Valance et Frontiรจre Chinoise. C'est รฉgalement par amitiรฉ qu'il aide John Wayne ร  rรฉaliser certaines sรฉquences de Alamo. Le pessimisme de John Ford dans ses derniรจres annรฉes apparaรฎt dans Les Deux Cavaliers (Two Rode Together) rรฉalisรฉ en 1960. Lors du tournage, il apprend la mort de son ami et acteur Ward Bond. Trรจs touchรฉ par cette disparition, Ford se retranche dans son yacht et se rรฉfugie dans l'alcool. Il devra รชtre ร  nouveau hospitalisรฉ d'urgence ร  Honolulu. De retour ร  Hollywood, il doit batailler cinq mois avec la Paramount Pictures pour obtenir le financement de L'Homme qui tua Liberty Valance. Ford filme avec force ce western intimiste dont l'action se dรฉroule en huis clos, loin des grands espaces. L'Homme qui tua Liberty Valance aborde ร  nouveau les thรจmes dรฉveloppรฉs dans La Derniรจre Fanfareย : les vrais hรฉros sont dรฉsormais inutiles et dรฉrisoires. On a pu voir dans le film un passage de tรฉmoin symbolique entre le western classique des pionniers et celui des nouveaux venus comme Arthur Penn ou Sam Peckinpah.

Aprรจs Flashing Spikes, rรฉalisรฉ pour la tรฉlรฉvision, et le segment sur la guerre de Sรฉcession dans La Conquรชte de l'Ouest, John Ford tourne entre amis La Taverne de l'Irlandais (1963) sur son yacht ยซย l'Aranerย ยป, dans une ambiance bon enfant. Les Cheyennes (Cheyenne Autumn) est son dernier western, hommage au peuple indien. ยซย J'ai voulu montrer ici le point de vue des Indiens, pour une fois. Soyons juste. Nous les avons maltraitรฉs. C'est une vรฉritable tache dans notre histoire. Nous les avons roulรฉs, volรฉs, tuรฉs, assassinรฉs, massacrรฉs, et, si parfois, ils tuaient un homme blanc, on leur expรฉdiait l'armรฉe[11].ย ยป Mais John Ford est rattrapรฉ par la fatigue et la maladie, et malgrรฉ son enthousiasme du dรฉbut de tournage, il laisse son assistant rรฉalisateur tourner de nombreuses scรจnes. L'annรฉe suivante il doit abandonner ร  Jack Cardiff le tournage du Jeune Cassidy et part se ressourcer sur l'Araner.

En 1966, alors que Peter Bogdanovich rรฉalise une longue interview du rรฉalisateur et que les Cahiers du cinรฉma lui consacrent un numรฉro spรฉcial, Ford tourne son dernier film Frontiรจre chinoise (7 Women) avant de s'engager une derniรจre fois auprรจs de l'Armรฉe pour soutenir la guerre du Viรชt Nam car il est membre de l'OSS (Office of Strategic Services)[12]. Il s'y rend par deux fois en 1967 et 1968 et produit le film Vietnam, Vietnam pour l'United States Information Agency.

Ne travaillant plus, John Ford ne peut plus assumer la charge financiรจre de l'Araner qu'il doit vendre en 1970. En 1969 c'est son ล“uvre de bienfaisance, la Field Photo Farm qui est contrainte ร  la fermeture. En 1970, Ford, malade et qui a deux cรดtes cassรฉes, est victime d'un accident de voiture qui l'affaiblit encore davantage. On lui diagnostique un cancer. En mars 1973, deux ans aprรจs la Mostra de Venise oรน lui avait รฉtรฉ dรฉcernรฉ un Lion d'or pour l'ensemble de sa carriรจre, Richard Nixon lui rend un hommage appuyรฉ et lui dรฉcerne la mรฉdaille prรฉsidentielle de la Libertรฉ. Il meurt le 31 aoรปt, en fin d'aprรจs-midi, en tenant son chapelet. Son รฉpouse est dรฉcรฉdรฉe en 1979.

Filmographie

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Cinรฉma

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Ford a rรฉalisรฉ 141 films, dont 40 courts mรฉtrages, 93 longs mรฉtrages, 5 documentaires et 3 รฉpisodes tรฉlรฉvisรฉs. 53 semblent dรฉfinitivement perdus.

Courts mรฉtragesย :


Longs mรฉtragesย :

Corรฉalisationsย :

Documentairesย :

Tรฉlรฉvision

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Distinctions

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Oscar du meilleur rรฉalisateur

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John Ford a remportรฉ 4 fois l'Oscar du meilleur rรฉalisateur (record actuel)ย :

Remarqueย : Maรฎtre du genre, il n'a pourtant jamais remportรฉ l'Oscar du meilleur rรฉalisateur pour un western.

ล’uvres sur John Ford

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Ouvrages

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Article

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  • Jean-Pierre Esquenazi, ยซย Les westerns de John Fordย : Du libรฉralisme dโ€™avant-guerre au conservatisme dโ€™aprรจs-guerreย ยป, Mise au point, noย 4,โ€Ž 2012 (lire en ligne, consultรฉ le 15 octobre 2012)

Documentaire

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Hรฉritage

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John Ford apparaรฎt dans le film The Fabelmans (2022), rรฉalisรฉ par Steven Spielberg, dans lequel il conseille le jeune Samuel Fabelman (รฉquivalent fictif de Spielberg) pour devenir un bon rรฉalisateur. Il y est incarnรฉ par David Lynch.

Notes et rรฉfรฉrences

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Notes

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  1. โ†‘ Ford a toujours prรฉtendu avoir comme nom de naissance Sean Aloysius O'Feeney (Aloysius est le prรฉnom d'emprunt qu'il choisit pour sa confirmation), mais son acte de baptรชme montre que John Ford s'appelait bien John Martin Feeney[1].
  2. โ†‘ Prononciation en anglais amรฉricain retranscrite selon la norme API.
  3. โ†‘ Par exempleย : son combat contre le nazisme et le maccarthysme, ainsi que ses rรฉserves lors de la guerre de Corรฉe et de la guerre du Viรชt Nam. Il est รฉgalement l'un des premiers rรฉalisateurs ร  traiter dans ses films les Indiens avec respect et humanitรฉ, sans oublier d'รฉvoquer la sรฉgrรฉgation raciale avec Le Sergent noir.

Rรฉfรฉrences

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  1. โ†‘ (en) Tag Gallagher, ยซย Extrait de John Ford: The Man and His Filmsย ยป, sur books.google.fr, University of California Press, 1986 (consultรฉ le 10 mai 2018), p.ย 2.
  2. โ†‘ ยซย Rรฉtrospective John Ford - La Cinรฉmathรจque franรงaiseย ยป, sur www.cinematheque.fr (consultรฉ le 13 mars 2019)
  3. โ†‘ Peter Biskind (trad.ย de l'anglais), Le Nouvel Hollywood, Paris, Le Cherche midi, 2006, 704ย p. (ISBNย 978-2-7491-0509-3), p.ย 10.
  4. โ†‘ Eyman, Scott. Print the Legend: The Life and Times of John Ford. New York: Simon & Schuster. 1999. (ISBNย 0-684-81161-8) (excerpt c/o New York Times).
  5. โ†‘ (en) Ed Pilkington, ยซย Lost John Ford movie unearthed in New Zealandย ยป ย , sur guardian.co.uk, The Guardian, 7 juin 2010 (consultรฉ le 1er novembre 2020).
  6. โ†‘ (en) ยซย John Ford | American directorย ยป, sur Encyclopedia Britannica (consultรฉ le 18 mars 2019).
  7. โ†‘ (en-US) Richard Franklin, ยซย Ford, Johnย ยป, sur Senses of Cinema, 19 juillet 2002 (consultรฉ le 18 mars 2019).
  8. โ†‘ in ร€ la recherche de John Ford de Joseph McBride, p.ย 122.
  9. โ†‘ Ford parle de Ford (Prรฉsence du cinรฉma, mars 1965).
  10. โ†‘ in 50 ans de cinรฉma amรฉricain.
  11. โ†‘ dans l'entretien accordรฉ ร  Peter Bogdanovich en 1966.
  12. โ†‘ Repรจres biographiques dans l'opuscule accompagnant le DVD du film Le Mouchard รฉditรฉ par les ร‰ditions Montparnasse en 2002.

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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